
Lieux cités dans cet article : Samarcande · Boukhara · Tachkent
Les Timourides : ce que Timour et ses descendants ont laissé, et où le voir
En 1404, un ambassadeur du roi de Castille fit étape à Kech, la ville natale de ,Amir Timour (Tamerlan, 1336–1405), fondateur de l’Empire timouride, dont la capitale était Samarcande. Né près de Chakhrisabz. et y trouva des bâtisseurs encore à l’œuvre sur un palais commencé une vingtaine d’années plus tôt. En 1437, à Samarcande, le petit-fils de Timour achevait un catalogue de 1 018 étoiles. Entre ce portail et ces étoiles s’étend le siècle des Timourides, et l’essentiel de ce que les voyageurs viennent voir en Ouzbékistan.
Nous vivons à Tachkent et accompagnons des voyageurs sur cet itinéraire toute l’année. Voici ce que Timour et ses descendants ont bâti, étudié et écrit, où le voir aujourd’hui et comment tout réunir en un seul voyage. Nous nous en tenons aux édifices, à la science et à l’art ; chaque monument a son propre guide sur ce site, et nous y renvoyons.
Qui étaient les Timourides
Les Timourides sont la dynastie fondée en 1370 par Timour, connu en Europe sous le nom de .Le saviez-vous ? Pourquoi l'Europe appelle Timour « Tamerlan » Les sources persanes le nommaient Timour-i Lang, « Timour le Boiteux », à cause de vieilles blessures à la jambe et au bras droits. En 1941, l'anthropologue Mikhaïl Guérassimov, qui étudia sa tombe, confirma ces blessures et reconstitua son visage. En savoir plus → Né en 1336 près de Kech, l’actuelle Chakhrisabz, il fit de Samarcande sa capitale. Sa famille régna en Asie centrale et en Iran jusqu’en 1507.
Après la mort de Timour en 1405, son fils Shah Rukh régna depuis Hérat, dans l’actuel Afghanistan, tandis que Samarcande était gouvernée à partir de 1409 par le fils de Shah Rukh, .Le saviez-vous ? Ulugh Beg a mesuré l'année à 25 secondes près Dans son observatoire de Samarcande, Ulugh Beg fixa l'année tropique à 365 jours 5 h 49 min 15 s, soit environ 25 secondes de trop : mieux que Copernic un siècle plus tard. En savoir plus → Sous leur règne, le 15e siècle devint ce que les historiens appellent la Renaissance timouride : une époque de grands chantiers, d’astronomie et de mathématiques, de poésie et de peinture de manuscrits. Le style des coupoles timourides voyagea plus tard avec la famille jusqu’en Inde.
Chakhrisabz : là où Timour a commencé

Timour commença son Palais blanc, ,Les ruines du palais d’Amir Timour à Chakhrisabz, sa ville natale. De l’immense arche d’entrée, seuls quelques fragments sont encore debout. En savoir plus → à Kech en 1380, et une plaque sur le portail donne 1404 comme année d’achèvement. Seul le portail d’entrée subsiste, et même brisées ses tours mesurent environ 38 mètres ; l’arc qui les reliait, large de 22,5 mètres, avait la plus grande portée d’Asie centrale. Ce que l’ambassadeur castillan Ruy González de Clavijo y vit, vous le trouverez dans notre guide d’Ak-Saray.
En marchant vers le sud à travers la vieille ville, vous arrivez à Dorus Siadat, avec le tombeau de Djahangir, fils aîné de Timour, et la crypte souterraine où un sarcophage de pierre avait été préparé pour Timour lui-même. À quelques minutes à l’ouest se dresse Kok Gumbaz, « la coupole bleue », la mosquée du vendredi qu’Ulugh Beg fit bâtir en 1437 en l’honneur de son père Shah Rukh. Le centre historique de Chakhrisabz est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000. Préparez la journée avec Chakhrisabz depuis Samarcande, ou réservez notre excursion à Chakhrisabz.
Samarcande : la capitale bâtie par Timour

Timour fit de Samarcande la vitrine de son empire et y fit venir des artisans d’Inde, d’Iran, du Khorezm et de plus loin encore. Trois monuments de son vivant figurent sur tous les itinéraires.
- Bibi-Khanym, sa mosquée du vendredi, commencée en mai 1399, avec une cour prévue pour 10 000 fidèles et un portail de 35 mètres de haut. Ses coupoles commencèrent à céder en quelques années ; une grande partie de ce que vous voyez est une reconstruction du 20e siècle.
- Shah-i-Zinda, l’allée des tombeaux où reposent la sœur, la nièce et l’épouse de Timour ainsi que ses chefs militaires. Dans les 33 ans qui séparent les tombeaux de Shadi Mulk Aka (1372) et de Tuman Aka (1405), on voit les céramistes de Samarcande passer de la sculpture à la mosaïque découpée.
- Gour-Emir, commencé en 1404 comme tombeau de son petit-fils ,Le saviez-vous ? Le tombeau de Timour fut bâti pour son petit-fils Le Gour-Emir fut commencé en 1404 pour Muhammad Sultan, petit-fils et héritier de Timour. Celui-ci s'était fait préparer une crypte dans sa ville natale de Chakhrisabz, mais à sa mort en 1405 il fut inhumé à Samarcande, dans le tombeau du jeune prince. En savoir plus → devenu en 1405 la sépulture de Timour lui-même. Shah Rukh et Ulugh Beg y reposent aussi.
Comment lire leurs portails, leurs coupoles et leurs céramiques : c’est expliqué dans notre guide Lire l’architecture ouzbèke.
Ulugh Beg : le prince qui mesurait le ciel

Muhammad Taraghay, connu sous son titre d’Ulugh Beg, « le grand prince », naquit en 1394 et gouverna Samarcande pendant quarante ans, mais on se souvient d’abord de lui comme d’un savant. Trois de ses Un collège islamique : cellules d’étudiants et salles de cours autour d’une cour, derrière un portail monumental. Dans les vieilles villes, beaucoup abritent aujourd’hui des musées et des ateliers d’artisans. sont encore debout : à Boukhara, de 1417 ; sur le Registan à Samarcande, 1417–1420 ; et à Gijduvan, 1432–1433. À Samarcande, l’astronomie était la matière principale, et le souverain y donnait lui-même des cours.
Son observatoire sur la colline de Koukhak fut achevé vers 1428–1429 : un bâtiment rond de trois niveaux, construit autour d’un arc méridien d’environ 40 mètres de rayon sur lequel un degré occupait quelque 70 centimètres. Ses résultats furent réunis dans le Zij-i Sultani de 1437, dont le catalogue de 1 018 étoiles était le deuxième du genre en dix-sept siècles, après celui d’Hipparque. Son équipe mesura l’année sidérale à 365 jours, 6 heures, 10 minutes et 8 secondes, environ une minute de plus que la valeur actuelle. Le mathématicien Djamchid al-Kachi et l’astronome Qadi Zada al-Rumi travaillaient avec lui.
Ulugh Beg mourut en 1449 et repose à .Le saviez-vous ? La pierre tombale de Tamerlan est allée en Perse et revenue En 1740, Nader Chah emporta la dalle de jade vert sombre qui couvre la tombe de Tamerlan au Gour-Emir. Elle se brisa et, sur le conseil de ses proches, il la renvoya à Samarcande. En savoir plus → Ses tables astronomiques furent imprimées en Europe en 1665, lorsque Thomas Hyde les publia à .Le saviez-vous ? Le catalogue d’étoiles d’Ulugh Beg fut d’abord imprimé à Oxford L’Europe a lu pour la première fois le catalogue d’étoiles d’Ulugh Beg imprimé en 1665, quand l’orientaliste Thomas Hyde l’a édité à Oxford. À Samarcande, on avait remesuré 992 étoiles et ajouté 27 étoiles australes invisibles depuis la ville. En savoir plus → Pour le suivre de la médersa à l’observatoire, voyez notre circuit astronomique en Ouzbékistan.
Shah Rukh et Gawhar Shad : le côté Hérat de la famille
Une grande partie du 15e siècle timouride s’est jouée hors de l’Ouzbékistan actuel. Shah Rukh gouverna l’empire depuis Hérat de 1405 à 1447, et son épouse Gawhar Shad fut l’une des grandes mécènes de l’époque : sa mosquée de Mechhed, de 1416–1418, et ses édifices d’Hérat comptent parmi les plus raffinés de l’architecture timouride.
En Ouzbékistan, on les rencontre à travers leur famille. Kok Gumbaz à Chakhrisabz honore Shah Rukh, et à sa mort en 1447 son corps fut ramené à Samarcande et déposé à Gour-Emir, auprès de son père.
Poètes, peintres et astronomes : la culture de l’époque

La cour timouride tardive d’Hérat, sous le sultan Husayn Bayqara, était célèbre pour ses livres. Son école de peinture de manuscrits est souvent considérée comme l’apogée de la peinture persane, et les manuscrits illustrés timourides sont réputés pour la richesse de leurs couleurs et la finesse de leurs détails.
Le poète de cette cour est celui que vous croiserez partout en Ouzbékistan. Alisher Navoï, né à Hérat en 1441, écrivit surtout en turc tchaghataï et contribua à en faire une langue de haute littérature ; sa Khamsa, cinq longs poèmes, date de 1483–1485. Il est considéré comme le poète national de l’Ouzbékistan. À Tachkent, le théâtre d’opéra et de ballet, la Bibliothèque nationale et une station de Le saviez-vous ? Un métro conçu pour résister à un séisme de magnitude 9 Les trois lignes d'origine du métro de Tachkent ont été conçues pour résister à un séisme de magnitude 9,0, et leurs tunnels sont étonnamment peu profonds : 8 à 25 m sous la rue. En savoir plus → portent son nom, et les murs de la station Alisher Navoï montrent des scènes de la Khamsa : voyez notre guide du métro de Tachkent.
Science et art ont grandi côte à côte. À Samarcande, les savants d’Ulugh Beg établissaient des tables de sinus en même temps que le catalogue d’étoiles, tandis que les céramistes perfectionnaient la mosaïque découpée et que les bâtisseurs élevaient des doubles coupoles sur de hauts tambours.
Babur : le Timouride d’Andijan
La dernière grande figure de la famille venait de la vallée de Ferghana. Zahiriddin Muhammad Le saviez-vous ? Le fondateur de l'Empire moghol est né à Andijan Babur naquit à Andijan le 14 février 1483 et monta à douze ans sur le trône de la Ferghana, dans sa capitale Akhsikath. Il fonda ensuite l'Empire moghol en Inde ; ses mémoires, le Baburnama, décrivent encore les villes de la vallée. En savoir plus → naquit à Andijan le 14 février 1483, descendant de Timour par son père, et devint souverain du Ferghana en 1494, encore enfant. En 1526, il fonda la dynastie moghole en Inde. Ses descendants bâtirent le tombeau d’Humayun à Delhi et le Taj Mahal, où les historiens voient l’influence de Gour-Emir.
Babur écrivit ses mémoires, le ,Le saviez-vous ? Le Baburnama s’ouvre à Ferghana sur un garçon de douze ans Babur écrivit ses mémoires dans sa langue maternelle, le tchaghataï. Le livre s’ouvre ainsi : « Au mois de ramadan de l’an 899 [1494], dans ma douzième année, je devins souverain du pays de Ferghana. » Une traduction persane suivit en 1589–90. En savoir plus → en turc tchaghataï. Entre autres choses, il y explique pourquoi Kech s’appelait Chakhrisabz, « la ville verte » : au printemps, ses toits et ses murs verdissent. À Andijan, le parc Bogi Bobur sur la colline de Bogishamol entretient sa mémoire, avec un caveau commémoratif qui renferme de la terre de sa tombe à Kaboul. Voyez notre guide d’Andijan et Namangan.
Un itinéraire timouride en Ouzbékistan

- Tachkent, une demi-journée. La station de métro et le théâtre de Navoï. Puis le train express Le train à grande vitesse ouzbek : Tachkent–Samarcande en 2 h 10 environ, Tachkent–Boukhara en 4 heures environ. Les billets sont liés à votre passeport. En savoir plus → jusqu’à Samarcande, environ 2 h 10 : voyez de Tachkent à Samarcande.
- Samarcande, deux jours. Le Le saviez-vous ? Le lion solaire du Registan s'est retrouvé sur un billet La médersa Cher-Dor (1619–1636) doit son nom aux fauves portant le soleil sur le dos de son portail. Ce motif figurait au revers du billet ouzbek de 200 soums de 1997. En savoir plus → et Le saviez-vous ? Légende : l'architecte réclama un baiser à la reine Selon la légende, l'architecte de Bibi-Khanym ne finirait à temps qu'en échange d'un baiser de l'épouse de Timour, qui le punit. En réalité, la mosquée était le projet de Timour lui-même ; son épouse Saray Mulk Khanum bâtit sa madrasa en face. En savoir plus → le premier jour ; Le saviez-vous ? Pourquoi Shah-i-Zinda signifie « le Roi vivant » La nécropole s'est formée autour du sanctuaire de Kusam ibn Abbas, cousin du prophète Mahomet. Selon la légende, il ne mourut pas au combat mais descendit dans un puits profond, vers un jardin du paradis où il vit toujours. En savoir plus → tôt le deuxième, puis l’observatoire, et Gour-Emir au crépuscule. Heure par heure dans Samarcande en 1, 2 ou 3 jours.
- Chakhrisabz, une journée depuis Samarcande, à environ 90 km par un col de montagne : Ak-Saray, Kok Gumbaz, Dorus Siadat et la crypte de Timour.
- Boukhara, deux jours. La Le saviez-vous ? Des ingénieurs ont redressé un minaret penché Vers 1920, un minaret de la médersa d'Ulugh Beg, au Registan, penchait dangereusement. En 1932, l'ingénieur Vladimir Choukhov le redressa ; le second minaret le fut en 1965. En savoir plus → de 1417 se trouve à quelques pas de Poi Kalyan. À une demi-journée, Gijduvan abrite sa dernière médersa et ses potiers : réservez Gijduvan : atelier de céramique et déjeuner. Préparez la ville avec Boukhara en 1, 2 ou 3 jours.
- ,Le saviez-vous ? La légende dit que les « chevaux célestes » suaient le sang Selon la légende, les chevaux du Dayuan, nom chinois de la Ferghana, suaient le sang ; vers 102 av. J.-C., l'empereur Wu des Han envoya une armée en chercher. Ce « sang » venait sans doute d'un parasite de la peau. En savoir plus → en option, deux jours pour l’Andijan de Babur : voyez notre guide de la vallée de Ferghana.
Avec un guide, trois de nos circuits privés suivent cette histoire. Sur les traces de Clavijo passe 8 jours à Tachkent, Samarcande, Chakhrisabz et Boukhara, dans les lieux décrits par l’envoyé castillan. Faïences et maîtres bâtisseurs consacre 10 jours à l’architecture. Héritage turcique de la route de la soie suit Navoï, Ulugh Beg et Babur à travers Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva en 9 jours.
En bref
- Les Timourides régnèrent de 1370 à 1507 ; Timour naquit près de Chakhrisabz et fit de Samarcande sa capitale.
- Les édifices de Timour lui-même : Ak-Saray, Bibi-Khanym, les tombeaux de sa famille à Shah-i-Zinda et Gour-Emir.
- Ulugh Beg a laissé trois médersas, un observatoire et un catalogue de 1 018 étoiles.
- Shah Rukh et Gawhar Shad ont bâti à Hérat et à Mechhed ; Navoï et Babur écrivaient en turc tchaghataï.
- Comptez une semaine pour l’itinéraire : Tachkent, deux jours à Samarcande, un jour à Chakhrisabz, deux à Boukhara.



