
Lieux cités dans cet article : Samarcande · Boukhara
Le complexe mémorial de l’imam al-Boukhari près de Samarcande : histoire et visite
Un garçon qui commença à étudier les hadiths vers dix ans, perdit son père alors qu’il était encore bébé et passa la plus grande partie de sa vie sur les routes finit ses jours dans un village à 25 kilomètres de Samarcande. C’était en 870. Aujourd’hui, le village de Khartang possède une mosquée pour 10 000 personnes, quatre minarets d’environ 75 mètres de haut et un musée de neuf pavillons, le tout construit autour d’une seule tombe.
Voici notre guide du complexe de l’imam al-Boukhari : qui était ce savant, comment un petit mausolée du XVIe siècle est devenu le mémorial de 1998, puis le complexe inauguré en mars 2026, que voir sur place, comment s’habiller et comment intégrer la visite à une journée à Samarcande. Nous y emmenons nos voyageurs pour découvrir le patrimoine du pays, quelle que soit leur foi.
Qui était l’imam al-Boukhari
Muhammad ibn Ismaïl al-Boukhari est né à Boukhara en juillet 810. Son père, Ismaïl, était lui-même un savant du hadith, ces récits des paroles et des actes du Prophète Muhammad, et mourut quand son fils était encore nourrisson. L’enfant commença à étudier les hadiths vers dix ans et partit bientôt apprendre auprès d’autres maîtres : La Mecque et Médine, puis Bassora, Koufa, Bagdad, la Syrie et l’Égypte. On dit qu’il étudia auprès d’un millier de maîtres environ.
Son œuvre majeure est le Sahih, « l’authentique », qu’il acheva vers 846. Il réunit 7 563 récits avec les répétitions, moins de 3 000 sans elles, choisis parmi un nombre bien plus grand qu’il examina et écarta. Les musulmans sunnites le considèrent comme le recueil de hadiths le plus fiable, second en autorité après le seul Coran. Il écrivit aussi al-Adab al-Mufrad, un livre de hadiths sur les bonnes manières, et al-Tarikh al-Kabir, un grand dictionnaire biographique des transmetteurs de hadiths.
Dans ses dernières années, il s’installa à Khartang, près de Samarcande. Il y mourut le 1er septembre 870 et fut inhumé dans le village.
Où se trouve le complexe
Khartang se trouve dans le district de Payariq, dans la région de Samarcande, à environ 25 km de Samarcande, au milieu des champs et des vergers. Le village est aussi appelé Khoja Ismoil. On y vient en voiture ; depuis la ville, le trajet est court.
Si vous prévoyez plusieurs sorties hors de la ville, notre article sur les excursions d’une journée depuis Samarcande place Khartang à côté de ,Un village près de Samarcande où l’on fabrique encore le papier à la main à partir d’écorce de mûrier, à l’ancienne, dans un moulin en activité au bord du ruisseau. Ourgout et Chakhrisabz.
D’un petit mausolée au mémorial de 1998
Pendant des siècles, la tombe resta modestement signalée. Au XVIe siècle, un petit mausolée fut élevé au-dessus, une mosquée fut construite à côté et des platanes furent plantés tout autour. Au XXe siècle, le site tomba à l’abandon.
En 1997–1998, un complexe mémorial fut bâti sur l’ancien site pour le 1225e anniversaire de la naissance du savant, compté selon le calendrier lunaire islamique. Il couvrait environ 10 hectares. Le nouveau mausolée était un cube surmonté d’une coupole d’environ 17 mètres de haut, aux murs revêtus de carreaux émaillés vert clair, bleus et blancs, de marbre, d’onyx et de granit, avec à l’intérieur du plâtre sculpté, le ganch. Une mosquée pour 1 500 personnes se dressait dans la cour.
La pierre au centre du mausolée est un cénotaphe, un monument commémoratif. La tombe elle-même se trouve dans une crypte en dessous.
Le complexe reconstruit : 2021–2026
Les nouveaux travaux ont commencé en avril 2021, et le complexe reconstruit a ouvert en mars 2026. Il couvre désormais 45 hectares. Auparavant, il pouvait accueillir jusqu’à 12 000 visiteurs par jour ; il est maintenant conçu pour 65 000.
- La mosquée : pour environ 10 000 fidèles, 3 924 mètres carrés et 54 mètres de haut.
- Quatre minarets d’environ 75 mètres de haut.
- Quatorze coupoles bleues et un aïvan, une galerie à colonnes de style national, sur 154 colonnes.
- Le musée : neuf pavillons sur 1 300 mètres carrés.
À côté du complexe se trouve une nouvelle zone d’accueil de 15 hectares : un hôtel quatre étoiles, deux hôtels trois étoiles, 22 maisons d’hôtes familiales totalisant 176 lits, un restaurant de 300 couverts fonctionnant selon les principes halal, et un parking.
Que voir au complexe de l’imam Boukhari
Le mausolée. C’est le cœur du lieu. Faites le tour du cénotaphe lentement et en silence : les gens viennent ici pour prier.
Le musée. Ses neuf pavillons racontent la vie de l’imam al-Boukhari et son œuvre savante, les histoires des 25 prophètes nommés dans le Coran, la généalogie du Prophète Muhammad et sa vie à La Mecque et à Médine, ainsi que la manière dont les hadiths ont été recueillis et mis par écrit. Si vous n’avez qu’une heure, consacrez-la au musée : il explique tout le reste de ce que vous verrez.
L’aïvan et les cours. Placez-vous sous la galerie de 154 colonnes et regardez dans sa longueur : le rythme des colonnes donne la plus belle photo du complexe. Puis, depuis la cour, levez les yeux vers les minarets pour en mesurer l’échelle.
La partie ancienne. Autour du mausolée se dressent toujours les vieux platanes. Ils font le lien entre le modeste sanctuaire du XVIe siècle et le nouveau complexe qui l’entoure.
Règles pour les visiteurs
Le complexe de l’imam al-Boukhari est un lieu de prière en activité ; les règles sont donc celles de toute mosquée ou de tout mausolée en Ouzbékistan :
- Tenue : épaules et genoux couverts, pour les hommes comme pour les femmes ; les femmes se couvrent les cheveux. Prévoyez un foulard. Tous les détails sont dans notre guide comment s’habiller en Ouzbékistan.
- Les chaussures s’enlèvent avant de marcher sur les tapis de la mosquée et du mausolée.
- Silence : parlez doucement, ne passez pas devant les personnes en prière et ne les photographiez jamais.
- Vendredi : la prière de midi remplit la mosquée et les cours. Si vous souhaitez une visite au calme, venez un autre jour ou le matin.
Comment s’y rendre depuis Samarcande et combien de temps rester
Le complexe se trouve à environ 25 km de Samarcande, et le seul moyen pratique d’y aller est la route : un taxi, une voiture avec chauffeur ou un circuit privé. Comptez trois à quatre heures sur place, avec le musée, le mausolée et une promenade dans les cours. Ajoutez le trajet aller-retour : la visite prend une demi-journée.
Le plus simple est de visiter le complexe le matin et Samarcande l’après-midi. De retour en ville, réservez une visite guidée de Samarcande à pied pour le Le saviez-vous ? Le lion solaire du Régistan s'est retrouvé sur un billet La médersa Cher-Dor (1619–1636) doit son nom aux fauves portant le soleil sur le dos de son portail. Ce motif figurait au revers du billet ouzbek de 200 soums de 1997. En savoir plus → et Gour-Emir. Notre article Samarcande en 1, 2 ou 3 jours montre où une demi-journée hors de la ville s’insère le mieux.
Le complexe fait partie de notre circuit privé Héritage turcique de la route de la soie, neuf jours avec votre propre guide à Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva. Les autres grands sanctuaires du pays, de Le saviez-vous ? Pourquoi Chah-i-Zinda signifie « le Roi vivant » La nécropole s'est formée autour du sanctuaire de Qousam ibn Abbas, cousin du prophète Mahomet. Selon la légende, il ne mourut pas au combat mais descendit dans un puits profond, vers un jardin du paradis où il vit toujours. En savoir plus → à ,Le saviez-vous ? Un village rebaptisé en l'honneur d'un maître soufi Bahauddin Naqshband (1318-1389), qui a donné son nom à l'un des plus grands ordres soufis, est né et enterré près de Boukhara, à Qasr-i Hinduvan. Le village fut ensuite rebaptisé Qasr-i Arifan en son honneur ; son tombeau date de 1544. En savoir plus → sont présentés dans notre article sur la ziyarat en Ouzbékistan, et tous nos circuits à Samarcande sont dans le catalogue.
En bref
- L’imam al-Boukhari (810–870), né à Boukhara, a compilé le Sahih, le recueil de hadiths que les musulmans sunnites tiennent pour le plus fiable.
- Il est inhumé à Khartang, dans le district de Payariq, à environ 25 km de Samarcande.
- Un mausolée du XVIe siècle, un mémorial de 1998 et, depuis mars 2026, un complexe de 45 hectares avec une mosquée pour 10 000 fidèles et quatre minarets d’environ 75 mètres de haut.
- Accordez au moins une heure au musée de neuf pavillons ; prévoyez trois à quatre heures sur place.
- Couvrez épaules et genoux, foulard pour les femmes, chaussures retirées, et évitez le vendredi midi si vous cherchez le calme.



